Présentation 2014

Journées d’étude

L’acteur face aux écrans : entre tradition et mutation [Prise I]

Date: 12-13 juin 2014
Lieu: Sorbonne Nouvelle – Paris 3, salle D-03

L'acteur face aux écrans

Depuis une vingtaine d’années, l’apport des nouvelles technologies a modifié en profondeur la scène théâtrale et avec elle, le jeu de l’acteur. Désormais les corps de chair y côtoient fréquemment les corps synthétiques ou hybrides, créant des corporéités mixtes, « mi-chair, mi-calcul » (Couchot) dont l’équilibre varie selon les choix esthétiques des artistes (metteurs en scène, acteurs, concepteurs du spectacle).  Que devient l’acteur dans cette confrontation avec la scène  transformée?  Quelles techniques de jeu  ces nouvelles modalités scéniques  imposent-elles aux performeurs?  Comment  les esthétiques  nouvelles qui dérivent de ces mutations conjuguent-elles la juxtaposition du charnel et du virtuel? Comment  se déploie, dans ce contexte, la présence du performeur?  Comment se gère son énergie? Son rapport à la voix? À l’espace? Au temps? Au mouvement?

Les journées d’étude que nous envisageons seront consacrées à ces questions et, plus particulièrement, aux formes d’interaction entre l’acteur et les technologies sur la scène, quelque forme qu’elles revêtent (écrans, caméras, amplification de l’image et du son, capteurs)  afin de montrer en quoi ces interférences  bouleversent les  théories du jeu qui ont prévalu jusqu’ici.

Face aux nouveaux dispositifs scéniques, l’acteur se voit contraint de développer des stratégies de travail inédites, lesquelles doivent mener à un jeu souple naviguant entre présence réelle et présence médiatisée. Le metteur en scène lui-même, développant de véritables talents de vidéastes, voire de cinéastes, se trouve au coeur de ce travail de création  (FC Bergman, Bud Blumenthal, Guy Cassiers, Romeo Castellucci, Kenneth Collins, Pippo Delbono, Ivo van Hove, Elizabeth Lecompte du Wooster Group, Michel Lemieux et Victor Pilon, Robert Lepage, Caden Manson du Big Art Group, Simon McBurney, Denis Marleau, Katie Mitchell, Fabrice Murgia, Jean-François Peyret, Jay Scheib, Cyril Teste, Kris Verdonck, Marianne Weems, parmi beaucoup d’autres). Aidé de tous ses collaborateurs, et du travail du comédien qui demeure au centre de la  scène, il traduit le dialogue des corps (charnels et  virtuels) en formes de présences scéniques modifiées, en altérations de l’art de dire. Comment se déclinent ces modifications au jeu scénique? Affectent-elles vraiment les fondements du jeu d’acteur tel que véhiculé par  des approches plus traditionnelles?

Confrontées à ces changements qui affectent la scène contemporaine, comment réagissent les écoles de formation de l’acteur? Demeurent-elles fidèles à une certaine conception plus traditionnelle du jeu corporel et de l’interprétation des textes? Comment négocient-elles la mutation des formes de jeu? Si toute une mouvance artistique modifie l’intégration de la présence de l’acteur en scène – et par le fait même son implication lors du travail de création  –  ne faut-il pas repenser la formation de l’acteur?


—————

Study days

Acting Confronted by Technology:
Between Traditions and Mutations [Take I]

Date: June 12-13th, 2014
Place: Sorbonne Nouvelle – Paris 3, room D-03

Over the last twenty years, new technologies have had a profound influence on the theatrical stage, and on acting. Today, the flesh-and-blood body often rubs shoulders with synthetic or hybrid bodies, creating mixed corporalities – “half flesh, half calculus” (Couchot), whose balance varies according to aesthetic choices made by the artists – producers, directors, actors. What happens to the actor in this confrontation with a transformed stage? What acting techniques are imposed upon the performers by these new staging modalities? How do the new aesthetics that derive from these mutations combine the juxtaposition of the flesh and the virtual? In this context, how is the presence of the performer deployed? How can he direct his energy? His relationship with voice? With space? With time? With movement?

This event will be devoted to these questions, and, more particularly, to forms of interaction between the actor and technologies on the stage, in all the forms the latter may take (projection screens, cameras, amplification of image and sound, sensors) in order to show how these interferences overturn the theories of acting formerly privileged.

Faced with these new staging mechanisms, the actor is obliged to develop new strategies of working, which must lead to a fluid acting style that can navigate between real presence and technologically mediated presence. The stage director himself, in developing videographic or even cinematic talents, is positioned at the heart of this creative work (names that come to mind are Guy Cassiers, Romeo Castellucci, Pippo Delbono, Ivo van Hove, Elizabeth Lecompte du Wooster Group, Michel Lemieux et Victor Pilon, Robert Lepage, Caden Manson du Big Art Group, Simon McBurney, Denis Marleau, Katie Mitchell, Fabrice Murgia, Jean-François Peyret, Cyril Teste, Kris Verdonck, Ivo van Hove, Marianne Weems among others). With the help of all his collaborators, and of the actor who remains at the heart of the stage, the director translates the dialogue of the bodies (real and virtual) into forms of modified staged presences, into a new art of speaking. What are the declensions of these modifications in staging? Do they truly affect the fundamentals of acting as conveyed by more traditional approaches?

Confronted with these changes that affect the contemporary stage, how do acting schools respond? Do they remain faithful to a more traditional conception of embodied acting and textual interpretation? How do they negotiate the mutation in the forms of acting? If an entire artistic movement modifies the integration of the actor’s presence on stage – and hence his implication in the creative process – mustn’t the actor’s formation be re-thought?